Un petit doigt coincé dans la porte.

Natascha, la maman de Giorgia a souhaité me confier son récit pour donner du courage à des mamans qui pourraient vivre une situation analogue à la sienne. Je publie donc son témoignage avec sa permission.

Cela vous est sûrement déjà arrivé de vous coincer le petit doigt dans la porte, n’est-ce pas?
C’est par ces paroles que Carole Hervé, consultante en lactation, a éclairé mon mari sur les douleurs qu’enduraient mes mamelons et moi depuis une dizaine de jours en mettant bébé au sein.

Comme pour ma première fille que j’avais allaité pendant 6 mois, j’avais fait le choix de nourrir Giorgia et j’avais lu des livres sur le sujet pour bien m’y préparer. J’étais assez rassurée par le fait de lire qu’un deuxième allaitement se passerait plus facilement qu’un premier car je me souvenais encore de la douleur lancinante et brûlante, les dix premiers jours et de mon étonnement, à l’époque: “ah bon, allaiter n’est pas du tout si naturel et facile que cela en a l’air”…

A l’hopital, ça commence mal.

Lors de la première mise au sein de bébé dans la salle d’accouchement, l’infirmière de service a cru bon me dire: “elle tête mal, elle a du sucer sa langue in utero, ça ne va pas du tout…”. Inutile de dire que cela ne met pas vraiment en confiance…
Durant les trois jours à la maternité, j’ai eu l’impression que bébé n’ouvrait pas assez la bouche en tétant. Lorsque je demandais des conseils au personnel soignant, on me disait en regardant de loin “si si, ca va bien comme ça”… et cela dans un hopital moderne et spécialisé en néonatalogie!

De retour à la maison, l’enfer a commencé: avec la montée laiteuse, mes seins avaient doublé en volume et étaient gonflés à bloc ce qui ravissait peut-être mon mari mais pas moi. Lorsque je mettais bébé au sein pour réduire cette tension, j’avais terriblement mal. Du fait de l’engorgement, le mamelon était aplati et j’avais l’impression que la bouche de bébé glissait dessus et n’arrivait pas bien à le prendre. J’étais donc un peu en panique car je n’arrivais pas à évacuer le “trop plein” de lait. Mais il fallait bien que cela sorte!
La fatigue post-partum et les douleurs m’ont vraiment fait douter de ma capacité à continuer d’allaiter. Malgré le soutien de mon mari, je me sentais seule et incomprise.

Ouf – sauvée…. par Carole Hervé

Heureusement, internet existe et on y trouve quelques conseils. En cherchant des solutions, je suis tombée sur une vidéo d’une consultante en lactation. Wow, il existe des experts sur le sujet qui pourraient m’aider?! J’en ai appelé plusieurs, mais en ce mois d’août, je ne tombais que sur des messageries.

Puis Carole Hervé m’a rappelé. Elle a bien dû passer 30 minutes avec moi au téléphone en me donnant des conseils pratiques étonnants. J’ai tout de suite été confortée par son attitude très bienveillante. Le fait qu’elle reconnaisse ma douleur et sache répondre à mes difficultés là ou d’autres personnes – pourtant proches – m’avaient juste dit “pourquoi tu t’obstines? le biberon est aussi bien!” m’a vraiment encouragé à tenir bon.

Carole m’a proposé de m’accueillir chez elle un samedi matin, dès son retour de vacances. Nous y sommes donc allés avec mon mari et mes deux filles. Une fois sur place, elle a observée une mise au sein. L’ambiance était détendue, je me suis tout de suite sentie mise en confiance.

Petite parenthèse: je conseille à toute maman allant en consultation d’y emmener son homme, car même si mon cher et tendre m’avait vu accoucher sans péri (pas trop douillette a priori), et même s’il est à 100% pour l’allaitement maternel, il devait bien se dire que j’exagérais un peu. Quand même! Les femmes du monde entier allaitent depuis des siècles, cela ne peut pas être si compliqué!

Carole m’a montré différentes positions d’allaitement. Elle m’a donné plein d’astuces très pratiques. Et puis, grand soulagement: il y avait bien une raison observable à mes douleurs et je n’allais plus devoir me contenter de réponses banales du genre “l’allaitement fait mal, prends des protège-mamelons et tais-toi!”. Carole a en effet tout de suite pu déceler, en observant et tâtant attentivement la bouche de ma fille, la raison de mes mamelons crevassés: un frein de langue trop serré qui ne permettait pas à bébé de bien placer sa langue en gouttière sous le sein. Ainsi “râpait”-elle, à chaque tétée, mes tétons à son palais dur… Je vous laisse imaginer un petit doigt fraichement coincé dans la porte et passé à la râpe!

Puis Carole m’a indiqué que l’on pouvait remédier à ce petit problème en sectionnant le frein de langue afin qu’il y ait plus de mobilité. Elle m’a fourni une liste de pédiatres, d’ORL et de chirurgiens-dentistes pratiquant cela près de chez moi. Puis elle a continué à me prodiguer des conseils très utiles contre l’engorgement et m’a laissé des documents intéressants sur le frein de langue et l’allaitement en général.

Le fait d’avoir reçu un accueil si compétent et bienveillant m’a vraiment conforté de vouloir continuer l’allaitement. Je suis partie de chez Carole Hervé en ayant eu l’impression d’avoir rencontré une petite fée!

Par la suite, nous avons fait couper le frein de langue chez le pédiatre – intervention très rapide et peu douloureuse pour bébé, heureusement. Peu à peu, tout est rentré dans l’ordre.

Mais j’ai plusieurs fois encore eu recours à l’aide de Carole, par téléphone ou mail.
Seins engorgés, douleurs autour du mamelon,… à chaque fois l’écoute, la réactivité et l’expertise de Carole m’ont sauvé. C’est certain: l’allaitement est un sujet peu connu en France, même au sein des hôpitaux et maternités!

Le métier de consultante en lactation est donc à mon sens un métier vraiment utile et je m’insurge contre le manque de reconnaissance dont il souffre. Beaucoup de jeunes mamans arrêtent sûrement d’allaiter parce que cela leur fait mal et qu’elles ne savent pas y remédier.

Mon bébé a aujourd’hui 3 mois et j’allaite toujours exclusivement. C’est un bonheur!
Si vous aussi vous avez besoin d’aide, ayez recours à la petite fée – appelez Carole Hervé!