FAQs

La foire aux questions

Lorsque l’on me demande quel est mon métier, je sens bien naître dans le regard de mes interlocuteurs une interrogation, parfois même un amusement. Une personne m’a rétorqué une fois : « Comment, une consultante en natation ? ».
Cela peut prêter à sourire mais c’est bien là le reflet de la réalité de notre métier encore méconnu.

On nous confond avec les sages-femmes et avec les animatrices de la Leche League (association qui soulignons-le en passant est à l’origine de la création de cette certification). On se demande où et comment nous trouver, si notre travail est bénévole, rémunéré, ou encore pris en charge par la sécurité sociale.

Je vais tenter avec ces quelques lignes de répondre aux questions les plus fréquemment posées.

En quelques mots

Un(e) consultant(e) en lactation IBCLC est un(e) professionnel(le) qui s’est spécialisé(e) en physiologie de la lactation humaine, dans le but de soutenir les projets d’allaitement lors des difficultés courantes et les situations particulières. S’appuyant sur des compétences en communication et relations humaines, son rôle consiste à mettre en œuvre tous les moyens à sa disposition pour que la maman vive un allaitement serein. Elle possède des connaissances approfondies des sujets liés à l’allaitement et tient en permanence ses connaissances à jour. Elle oriente vers des professionnels de la santé lorsque la situation le requiert.

Etes-vous professionnelle de santé ?

Je ne suis pas médecin, je ne pratique pas la médecine, je ne pose pas non plus de diagnostic, je ne fais pas de prescription. Je m’appuie sur des protocoles de soins validés par les instances nationales et internationales (OMS, UNICEF, Academy of Breastfeeding Medecine, HAS, INPES…). Les informations que je partage avec vous reposent sur des études validées (mises au sein fréquentes, application de feuilles de chou, argile verte par exemple). Si vous pensez devoir modifier un traitement en cours après être venu me voir, votre médecin prescripteur sera seul habilité à juger de cette pertinence. Lorsque je réponds à vos questions concernant la compatibilité d’un traitement avec l’allaitement, je me repose sur des ressources validées (Medications and Mother’s Milk, Thomas Hale, www.lecrat.org, Lactmed, e-lactancia, le Coin du prescripteur).

Comment devient-on IBCLC ?

Une liste de pré-requis très stricts à été établie par l’international Board of Lactation Consultant Examiners pour devenir IBCLC. Les critères ont été restreints en 2011. Ces critères portent sur les diplômes, le temps de formation et l’expérience pratique du candidat qui doit justifier d’un certain nombre d’heures de pratique clinique en allaitement. Il doit également avoir validé une formation de base en anatomie, physiologie, terminologie médicale et autre. Avec tous ces pré-requis, la personne peut espérer pouvoir se présenter à l’examen international de l’IBLCE.

Avoir une expérience personnelle d’allaitement n’est pas un pré-requis, néanmoins cela se révèle particulièrement utile. Il est intéressant malgré tout que la consultante soit capable de recul vis à vis de sa propre expérience qui heureuse ou non n’est en aucun cas une référence pour sa pratique.

Etes-vous en concurrence avec les sages-femmes ?

Bien sûr que non, et au contraire. Nous sommes complémentaires la plupart du temps.

Lorsque la situation le nécessite, les sages-femmes nous contactent pour un avis. Il m’arrive de travailler en binôme avec elles auprès des familles. Notre rôle est celui de spécialiste de l’allaitement. De nombreuses sages-femmes disposent des connaissances de base suffisantes pour accompagner une maman dans la mise en place et le règlement de quelques soucis d’ordre général en matière d’allaitement. L’avantage est d’ailleurs que leurs consultations sont prises en charge dans le cadre du suivi en post partum. Certaines d’entre elles ont enrichi leur expérience par un diplôme inter-universitaire en lactation humaine, le DIULHAM.

Les sages-femmes nous contactent tout comme un généraliste orienterait vers un spécialiste en fonction de la pathologie de son patient. A noter que nous ne sommes pas prescripteur ni professionnels de santé. L’exemple de la sage-femme peut s’extrapoler aux autres professions médicales qui interviennent en périnatalité. Croire que nous sommes des concurrents des professionnels de santé est pour ainsi dire absurde tout simplement parce que la consultante en lactation IBCLC, si elle n’est pas professionnelle de santé par ailleurs ne pose pas de diagnostic ni ne rédige d’ordonnance. Nous sommes à considérer comme un maillon de la chaîne de soin au même titre que l’ostéopathe, le chiropracticien ou l’haptonome.

Que signifie IBCLC ?

Ces lettres désignent la consultante en lactation diplômée. Elles sont l’acronyme de « International Board Certified Lactation Consultant ». Seules les personnes ayant réussi l’examen international et dont le diplôme est à jour peuvent signer avec ces lettres.

Elles obtiennent cette certification pour une durée de cinq ans à l’issue de laquelle elles doivent soit justifier d’un certain nombre de points de formation continue (appelés CERP) dans le jargon du métier et quoi qu’il arrive, la consultante en lactation IBCLC doit repasser le diplôme au bout de 10 ans.

En 2015, nous sommes 27 450 IBCLC dispersées dans 101 pays du monde. Nous sommes 606 en France, 201 en Belgique, 437 en Suisse et 1460 en Allemagne.

Les consultantes en lactation proviennent de nombreux milieux : médecine, pédiatrie, sage-femme, pharmacie, psychologie, diététique et milieux communautaires et associatifs.